La peur d’avoir à retourner à l’hôpital.
De voir, à nouveau, mon état de santé se détériorer.
De me retrouver hospitalisé, avec la bouffe que je ne suis plus capable de manger.
D’examiner mon pied gauche — celui qui traîne un œdème depuis des semaines.
Se demander s’il enfle ou s’il désenfle.
S’il change de couleur.
Et tant qu’à y être, s’il ne va pas se mettre à marcher tout seul.
La ligne est mince entre un œdème banal et une cellulite infectieuse.
Et cette dernière est une urgence.
Il y a la diverticulite aussi.
Je n’ai jamais été autant à l’écoute de mes crampes.
La bonne nouvelle : elles s’espacent.
Mais le stress m’oblige à suivre les recommandations à la lettre :
le moins de fibres possible.
Je l’ai déjà dit : avec la diète d’immunosupprimé, il ne reste plus grand-chose au menu.
Et un des antibiotiques m’interdit les produits laitiers —
deux heures avant, six heures après.
Ça laisse une petite fenêtre en fin d’après-midi.
Il y a aussi la crainte d’un nouvel effet secondaire — comme les oreilles —
ou d’une nouvelle pathologie — comme la diverticulite.
Et les consultations inévitables sur internet.
Je pose une question et hop : urgence immédiate.
Je reformule, j’ajoute un détail, et bof — à surveiller.
Autant dire que je marche les fesses serrées.
Pas une mauvaise idée quand on est sous antibiotiques.
Est-il vraiment moins cinq?

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