Tout est (de nouveau) conforme.
Je n’ai pas de thrombose. Pas d’infection.
Juste un lymphœdème.
Je devrais être soulagé. Je le suis, bien sûr.
Mais plus d’euphorie.
Une grande tristesse. Une immense fatigue.
Essayer d’écrire avec une patte surélevée sur le dossier du sofa n’aide pas. Malgré la tablette, le clavier, le coussin-plateau sur une cuisse. L’ergonomie, connais pas.
M’enfin. On a passé la journée à l’hôpital. Je raconte ça.
J’ai envoyé mon courriel tôt à l’infirmière ce matin. Question qu’il soit en haut de la pile. Ben oui. Je suis ratoureux comme ça.
Si la communication hors heures de bureau semble parfois fragile, leur capacité à se retourner sur un dix cennes est remarquable. À peine passé 9 h, l’infirmière m’appelait : échographie à 13 h 40, puis rendez-vous avec mon oncologue.
J’étais content. Je m’attendais à ce que l’allergologie prenne deux ou trois heures, comme la dernière fois. De 9 h 45 à 13 h 40, une bonne marge de sécurité.
10 h 30. Toujours pas appelé.
Finalement, avec une heure de retard, on m’annonce que ce ne sera pas deux injections espacées, mais un seul comprimé de Clavulin et une heure d’observation. Au moins… on n’est plus en retard.
Pendant tout ce temps, mon anxiété s’amuse comme une folle dans des montagnes russes. Les bras en l’air. Rouge de plaisir.
Pour faire une histoire courte — même s’il est trop tard pour ça — aucune réaction immédiate à l’antibiotique.
Lunch à la cafétéria du CHUM. Leurs wraps sont très honnêtes. On choisit un coin tranquille. Pas trop de monde autour. Par prudence.
En avance pour l’échographie, poétiquement prénommée Doppler. Ni moi ni la technicienne ne savons exactement pourquoi. Et je n’ai pas l’énergie de googler ça maintenant.
Évidemment, plus d’une heure dans la salle d’attente. Mais nous étions en avance. Eux, seulement 40 minutes de retard.
On me confirme le meilleur diagnostic possible, dans les circonstances : mon enflure provient de ganglions inguinaux démesurés.
Heureusement, aucune attente pour voir mon oncologue. Il se déclare satisfait et réappose le tampon. Approuvé.
Tout en ajoutant, en regardant ma jambe, qu’il était grand temps que je commence la thérapie.
Ce genre de phrase lancée innocemment, ça glace toujours un peu.
Il m’explique qu’ils sont très malheureux de la suspension du programme de recherche. Que je serai en fait un des trois seuls Canadiens à y participer.
Que la directrice du programme a fait des efforts surhumains pour me trouver assez d’interleukine pour que je puisse mener le protocole jusqu’au bout. Très rare au Canada. Mais elle a réussi.
Oh. Et le produit, le lifileucel, serait prêt.
Une autre bonne nouvelle.
Je pense que je sais d’où vient cette tristesse qui s’est incrustée aujourd’hui.
Trois Canadiens.
Ça fait drôle à écrire.
Le syndrome du survivant.
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