On passe une bonne partie de sa vie à attendre.
- Attendre la prochaine opération.
- Le prochain rendez-vous.
- Un appel.
- La pizza.
Quand on traverse une période médicale, l’attente devient presque un métier à temps plein. On vit entre deux dates. Entre deux décisions. Entre deux inconnues.
Et pendant ce temps, le présent continue d’exister. Discrètement.
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L’attente est sournoise. Elle occupe l’espace mental. Elle grignote les journées. Elle transforme le présent en simple salle d’attente du futur.
Facile d’oublier de vivre le moment présent. Facile d’oublier de vivre, tout court.
On se projette. On imagine. On redoute. On anticipe. On ergote. Et la journée file.
Comment faire alors ?
Pas de recette magique. Juste un tout petit effort.
Parfois, il suffit de quelques secondes.
Se concentrer sur la respiration. Inspirer. Expirer. Tellement banal. Tellement efficace pour se ramener dans le présent.
Lever les yeux. Voir le soleil — ou son absence. Constater simplement que l’instant est là.
Les détails qui tiennent debout
Trouver Andrée si belle (ça, ça se fait tout naturellement).
Chercher où dort le chat, ou bien faire attention pour pas qu’il nous fasse tomber en se frottant dans nos jambes quand on marche.
Planifier le prochain repas. Le préparer ensemble. L’apprécier. Comme si c’était un évènement. Parce que c’est un évènement !
Trouver la prochaine pièce de musique, celle qui meuble le silence et qui déclenchera un enchaînement IA-esque, et nous fera parfois découvrir de petites merveilles.
Penser à ce qu’on racontera dans un prochain billet — et comment on va le raconter. Mettre des mots sur ce qui arrive, c’est une manière d’y penser sans en avoir peur.
Rien de grandiose. Juste être attentif aux gestes du quotidien.
Vivre pendant qu’on attend.
Ah oui — ne pas oublier de faire des jeux de mots débiles le plus souvent possible. Heureusement que ça fait plus de 60 ans que je me perfectionne.
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